Décidée en 1920, la partition de l'Irlande fut organisée par le traité de Londres en 1921. Dès l'inauguration du Parlement à Belfast en 1921, la domination économique des protestants est évidente. Ils sont privilégiés sur le plan de l'emploi et du logement ce qui enflamme les catholiques.

L'Irlande du Nord ou Ulster, du nom de l'ancienne province dont elle faisait partie, regroupait près d'un million de protestants loyalistes, mais aussi une population catholique majoritaire dans deux des six comtés qui la composaient. Quant au Sud, état libre, il devenait un dominion de l'Empire britannique. Cette partition avait pour but de mettre fin à la confrontation des unionistes (partisans du rattachement à la Couronne britannique) et des nationalistes, lesquels avaient proclamé la République d'Irlande (Eire) à la suite du soulèvement de Pâques en 1916. Cependant, une partie du Sinn Fein ("Nous seuls"), parti des républicains acceptant ce traité, l'autre le rejetant, l'Irlande fut bientôt déchirée par la guerre civile, qui se conclut en 1923, par la victoire des partisans du traité. Le nouvel Etat libre adopta une nouvelle constitution en 1937 et la République d'Irlande fut proclamée officiellement en 1949. L'Ireland Act, signé à la même époque à Ulster, entérinait le départ de l'Irlande du Commonwealth, mais laissait toute décision sur l'avenir de l'Ulster aux unionistes.

Les troubles qui ont ensanglanté l'Ulster depuis de nombreuses années trouvent leurs causes dans la domination économique et politique des protestants, évidente dès l'inauguration du Parlement à Belfast en 1921. Ils ont commencé à Londonderry et à Belfast au début des années 1960. Lors de la commémoration du siège de Derry, le 12 août 1969, la confrontation semble inévitable. L'intervention de la police déclenche une campagne de terrorisme lancée par l'IRA. Le dimanche 30 janvier 1972, qui reste gravé dans les mémoires sous le nom de Bloody Sunday (le "Dimanche Sanglant"), treize manifestants sont abattus par l'armée anglaise, tandis que l'ambassade britannique de Dublin est incendiée. Les troubles n'ont pas cessé depuis lors.
L'instauration d'un pouvoir exécutif représentant les deux factions en présence échoue, et Londres prend le contrôle des affaires administratives de l'Ulster (Direct Rule). L'année 1973 marqua l'échec d'une tentative de partage du pouvoir politique entre les deux fractions rivales. Controversé, l'accord anglo-irlandais signé en 1985 n'a toujours pas réglé de manière satisfaisante le problème de l'Irlande du Nord, et les affrontements armés se sont poursuivis jusqu'à la trêve de 1994-1995. L'année 1974 est marquée par une nouvelle campagne de terrorisme sur le sol britannique. deux ans plus tard, les détenus terroristes se voient retirer le statut de prisonniers politiques. En 1981, Bobby Sands et neuf autres membres de l'IRA ne cessent de sévir de temps à autre contre les Britanniques et agissent essentiellement en Ulster, où l'on ne compte plus leurs "tragiques erreurs" qui frappent des cibles civiles. En février 1991, une de leurs tentatives d'attentat les plus spectaculaires vise, en plein coeur de Londres, le Premier Ministre britannique, John Major, et les membres de son cabinet.

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