Au VIIIe siècle, l'Irlande chrétienne était florissante. Réputée dans toute l'Europe pour ses érudits et ses monastères-universités, elle essaimait sa culture monastique en Bretagne insulaire et sur le continent, qu'elle avait d'ailleurs contribué à confirmer dans leur foi, malgré les temps troubles des VIe et VIIe siècles. Très riche, l'Eglise se situait au coeur de la société. Véritables cités, centres économiques, artistiques et intellectuels, les monastères constituaient une matière d'axe du monde adapté aux besoins du temps.

Très proches des milieux aristocratiques, associés de près au pouvoir royal, les représentants de l'Eglise étaient impliqués dans des querelles politiques bien éloignées des idéaux ascétiques de l'Eglise primitive. Sur le plan politique, l'Irlande demeurait aussi divisée que par le passé et les guerres intestines se succédaient sans interruption. Ainsi, détentrice de grandes richesses, incapable d'opposer une résistance concertée d'une quelconque efficacité à des incursions étrangères, l'Irlande était devenue, à la fin du siècle, une cible parfaite pour les raids vikings.

Les invasions Vikings

Les Annales d'Ulster, qui comptent parmi les plus anciennes qui nous soient parvenues, portent pour l'année 794 la mention suivante : "dévastation de toute les îles de Bretagne par les païens". En 798, les attaques touchèrent l'Irlande au plus près : "L'île de St Patrick a été brûlée par les païens qui ont levé un tribut en têtes de bétail dans les territoires avoisinants et détruit la châsse de Dochonna (le saint fondateur) ; ils ont également mené de grands raids à la fois en Irlande et en Ecosse". En 795, le grand monastère d'Iona ainsi que eux d'Inishmurray et d'Inishbofin avaient déjà été la proie de ces Vikings dont toute l'Europe subissait simultanément les assauts.

On distingue quatre phases dans l'histoire de l'aventure viking.

La bataille de Clontarf

A partir de 980, les Irlandais, sous la direction de rois déterminés, Mael Sechnaill II pour commencer, puis surtout Brian Boru, avaient accédé comme plusieurs autres peuples européens à la même époque à une forme embryonnaire de sentiment national qui les poussait à s'unir pour reconquérir les enclaves scandinaves. Ils avaient un désir d'unité. La volonté de centralisation se marquait en fait par les efforts d'individus déterminés pour établir leur hégémonie sur toute l'île et donner vie réelle au mythe du haut-roi d'Irlande.
Dans ce cadre, colons vikings et rois irlandais devenaient, au gré des événements, amis ou ennemis et, lorsque le premier véritable haut-roi de l'île, Brian Boru, engagea son oeuvre dominatrice, il le fit avec le soutien des Vikings de Dublin, qu'il avait soumis au tout début du siècle. Ainsi, contrairement au message véhiculé par la légende nationaliste, la bataille de Clontarf ne vit pas, en 1014, s'opposer Irlandais et Vikings dans une lutte de reconquête nationale ; elle conclut une phase de la lutte entre rois irlandais pour la domination de l'île. La mort au cours de la bataille d'un Brian Boru pourtant victorieux, entraîna l'effondrement de l'espoir d'unité politique, mais les Vikings ne furent pas expulsés, loin de là. Leur entreprises conquérantes étaient effectivement parvenues à leur terme, mais ils s'étaient installés dans les villes, en voie d'assimilation totale.

L'invasion anglo-normande

Au XIIe siècle, l'Irlande connaît une invasion en provenance de Normandie et d'Angleterre. En 1169, Henry II d'Angleterre envoie en Irlande Richard FitzGilbert de Clare, surnommé Strongbow. En quelques années, les anglo-normands prennent Dublin, soumettent toute la région avoisinante et les grands feudataires se partagent les terres de l'est et du centre de l'île. Henri II devient roi d'Irlande. Les barons anglo-normands organisent l'île, la couvrent d'églises et de châteaux, développent les villes et s'intègrent peu à peu à la population locale.

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