L'implantation des Celtes

Diverses hypothèses coexistent au sujet de la localisation et de l'implantation des tribus celtes en Irlande. La principale est la suivante : un peuple proto-celtique ou celtique en provenance d'Europe centrale se serait installé dans l'île au début du IIe millénaire avant Jésus-Christ. Ces populations se seraient divisées en plusieurs groupes et se seraient progressivement intégrées aux habitants de culture néolithique présents à leur arrivée, assimilant au passage nombre de traits caractéristiques de la culture autochtone.

La société celtique d'Irlande

Une société rurale

La société celte était de type rural. La compagne était parsemée de fermes et d'habitations diverses. Cependant, un assez bon réseau routier favorisait les communications. Il y eut très tôt des routes pavées de pierres et ainsi même les tourbières pouvaient être franchies grâce à des chaussées de bois. L'habitat était surtout composé de fermes fortifiées de forme circulaire de taille variable. Au coeur de l'enceinte s'élevaient, selon les régions, des bâtiments de bois, de pierre ou de tourbe auxquels les paysans attribuaient des fonctions adaptées aux besoins.

Les fermes étaient exploitées collectivement par la famille étendue, la cellule la plus répandue comprenant quatre générations, soit tous les descendants d'un même arrière-grand-père. Elle avait à sa tête un chef qui la représentait, souvent son membre le plus âgé, mais tous les contrats proposés à la famille devaient être ratifiés par tous. Tous les membres d'une même famille travaillaient en association.

Hiérarchie dans la société

La société celte était aristocratique et ne reconnaissait d'égalité qu'entre pairs. Après le roi venait la noblesse guerrière dont il était issu, et dont les membres étaient propriétaires terriens et protecteurs des arts. Les hommes libres formaient ensuite une catégorie composée de paysans propriétaires et d'artisans qualifiés, suivis, dans l'échelle sociale, des hommes non libres, paysans sans terre et petits artisans qui dépendaient, pour survivre, d'hommes plus puissants qu'eux. Tout au bas de l'échelle figurait enfin le groupe des esclaves, entièrement soumis à des propriétaires qui avaient sur eux le droit de vie et de mort. Il s'agissait probablement surtout de prisonniers de guerre ou de personnes capturées lors de raids sur les côtes de Bretagne.

Les druides et les poètes

La catégorie sociale la plus respectée de la société traditionnelle celte est celle des druides ou poètes. Ils étaient érudits avant tout. Dans un univers où la notion de sacralité du savoir était poussée à l'extrême, les membres de cette classe puissante se voyaient confier la responsabilité d'assurer l'harmonie à tous les niveaux. Détenteurs des connaissances immémoriales de leur peuple, ils étaient les interlocuteurs privilégiés des dieux et les garants du maintien de bonnes relations entre les hommes et l'Autre Monde. Les pouvoirs magiques dont on les croyait détenteurs étaient un signe de la faveur et de la confiance des dieux. Intermédiaires, c'était à eux qu'il paraissait donc naturel de faire appel lorsque l'on souhaitait connaître la volonté divine, obtenir une protection pour la tribu.

Les druides et poètes jouaient un rôle de professeur, de maître à penser de la jeunesse aisée, de conseiller, de conciliateur, de porte-parole, de négociateur, d'ambassadeur, de défenseur et de protecteur. L'institution druidique assurait à l'île l'homogénéité culturelle.

Dans les autres rubriques

Histoire de l'Irlande