L'Irlande est un pays de tradition littéraire. Les villes abondent de théâtres, depuis l'Abbey Theater de Dublin au Lyric Theatre de Belfast. Les Irlandais sont connus pour être sensibles aux mots. Oscar Wilde disait : "Nous sommes les plus grands parleurs depuis les Grecs, mais nous n'avons rien fait." Les Irlandais ont beaucoup écrit. La plus grande partie de l'inspiration vient, sans aucun doute, des tensions générées par la persécution et l'oppression.

La littérature est un des domaines, avec la musique, dans lequel les Irlandais excellent. Jusqu'à présent, le pays a récolté quatre prix Nobel de littérature : Oscar Wilde, James Joyce, Samuel Beckett, Seamus Heaney. Mais dans le passé, même proche (cf John McGahern), le pays a été ingrat envers ses propres "génies", ceux-ci n'écrivant pas toujours des propos politiquement acceptables : James Joyce et Samuel Beckett ont fini leurs jours en France, Oscar Wilde fut jeté en prison. Mais il faut savoir que l'Irlande sait désormais mieux encourager ses créateurs, car les écrivains ne sont pas soumis à l'impot sur le revenu.

Mythologie, légendes Les enfants de Lir, Oisin à Tir Na Nog et autres contes et légendes font partie de l'imaginaire irlandais. Tout le monde connait maintenant Halloween, mais cela relève plus de la tradition que de la mythologie.

Le leprichaun est une figure légendaire qui remonte à la nuit des temps. Il est décrit de deux façons différentes : ou grincheux et colérique ou joyeux et paillard. Il se tient, avec son chaudron rempli d'or au pied des arc-en-ciel.Jim Fitzpatrick est un artiste moderne ayant adapté les légendes celtiques sous son crayon et son style immédiatement identifiable.

L'héritage gaélique

A côté des multiples textes en anglais, l'Irlande a une tradition gaélique importante. A différentes périodes du pouvoir anglais, le gaélique fut banni. Après l'indépendance on tenta de le rétablir, il fut même déclaré langue officielle. Eamon de Valera voulait l'utiliser pour affirmer l'identité de l'Irlande vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Malgré l'obligation de la scolarité en gaélique et les programmes réguliers de radio et de télévision diffusés dans cette langue, son utilisation n'a survécu que dans quelques régions.

Dublin littéraire

Dublin est une ville hautement littéraire. De nombreux écrivains irlandais ont séjourné dans la capitale et l'on peut considérer que l'histoire littéraire de Dublin est l'histoire littéraire de l'Irlande. Les fantômes de Yeats, Shaw, Synge, Beckett, O'Casey, Wilde, Swift, Joyce et d'autres encore, hantent ses rues et ses librairies.

Le XVIIIe siècle est une période d'une grande richesse intellectuelle et scientifique pour l'Irlande. Jonathan Swift est l'un des plus grands hommes de l'époque, auteur des Voyages de Gulliver. Protestant, cet écrivain "anglo-irlandais" exerce sa critique amère pour dénoncer la misère des Irlandais. Il écrit des satires féroces pour dénoncer l'hypocrisie et les injustices de la vie sous la domination anglaise. Dans "A Modest Proposal" (Modeste Proposition), il bouscule l'attitude complaisante de l'époque en suggérant, avec un humour noir horrible, d'engraisser des enfants irlandais pour les servir sur les tables anglaises.

Si l'Irlande est dans ces livres, ses écrivains ont souvent quitté l'Ile pour en parler. Oliver Goldsmith et Richard Brinsley Sheridan se sont installés à Londres comme beaucoup d'écrivains irlandais. Au XIXe siècle les écrivains Oscar Wilde et George Bernard Shaw ont quitté eux aussi l'Irlande pour aller briller dans la société londonienne.

Le renouveau gaélique

A la fin du XIXe siècle, un regain d'intérêt pour tout ce qui est irlandais inspire des artistes tels que W. B.Yeats et son ami George Russell : leur oeuvre est parcourue de mythes celtiques. La fin du siècle voit éclore le talent de nombreux écrivains ayant grandi en Irlande et utilisant des thèmes irlandais spécifiquement gaéliques. Les écrits de John Millington Synge pour l'Abbey Theatre en font partie, ainsi que ceux du pacifiste Sean O'Casey. Ces deux écrivains étaient des polémistes.

Survivance de la tradition

La littérature irlandaise du XXe siècle reflète les troubles de l'indépendance et les brumes épaisses de censure. Romanciers et poètes ont proliféré en Irlande et à l'étranger. Patrick Kavanah, Louis Macneice et Seamus Heany sont parmi les poètes contemporains les plus connus. Molly Keane, Edna O'Brien, Roody Doyle et Christy Brown sont des romanciers très populaires. Frank O'Connor, Sean O'Faolain, Mary Lavin et Liam O'Flaherty perfectionnent l'art de la nouvelle. Brian Friel et Frank McGuinness sont des dramaturges de talent. Frank McCourt, a remporté de nombreux prix littéraires pour son roman autobiographique Angela's Ashes (Les Cendres d'Angela). Ayant passé son enfance à déambuler dans les quartiers sans espoirs des bas-fonds de Limerick, il réussit en 1990 à devenir la coqueluche de New York.